À leur retour à White Shaw, Posie et Lovelace découvrent avec stupeur une véritable démonstration de force policière. Une vingtaine d’agents de la Metropolitan Police, accompagnés de chiens renifleurs, se sont déployés autour de la propriété, et le nouveau Home Secretary, William Joynson-Hicks, est venu en personne superviser l’opération. Sir Vernon Kell, le chef du MI5, arrive lui aussi, ce qui irrite profondément Lovelace, qui espérait pouvoir effectuer une perquisition discrète et limitée dans le temps. Il craint que cette présence massive compromette la recherche de Jamie Boxwood et mette sa propre position en danger si rien n’est découvert. Avant de rejoindre les policiers, il demande à Posie de rester en sécurité dans sa chambre et de se tenir à l’écart des recherches. Elle lui rappelle cependant de ne pas oublier Maypole Manor, une grande maison abandonnée qui pourrait servir à dissimuler quelqu’un ou quelque chose. Lovelace lui demande également pardon pour sa jalousie envers Max et pour leur précédente dispute. Posie lui pardonne immédiatement, affirmant qu’il n’a aucune raison d’être jaloux et qu’elle ne lui reproche rien. Restée seule dans sa chambre chaude et confortable, Posie rassemble les éléments de l’enquête sur une table avant de s’allonger sur le lit, toujours habillée. Elle s’endort sans l’avoir voulu et se réveille lorsque la lumière du jour a disparu. Une porte-fenêtre donnant sur le balcon s’est ouverte sous l’effet du vent, laissant entrer l’air froid et le bruit de la mer. C’est alors qu’elle aperçoit une silhouette sur le balcon et reconnaît Max. Son apparition la bouleverse, car elle le croyait mort. Max lui demande de réduire la lumière et entre dans la chambre, trempé de la tête aux pieds, comme s’il venait de sortir de la mer. Il paraît épuisé, amaigri et beaucoup plus vieux que son âge, mais conserve cette beauté qui avait autrefois profondément attiré Posie. Il lui explique qu’il a dû se cacher parce que certaines personnes avaient intérêt à le croire mort. Il avait envisagé de reprendre contact avec elle, mais l’annonce de ses fiançailles avec Lovelace dans The Times l’en avait dissuadé. Max affirme qu’il est heureux pour elle et reconnaît que sa propre existence, faite de clandestinité, de déplacements et de danger, n’aurait pas constitué une vie convenable pour elle ou pour d’éventuels enfants. Malgré sa résolution, Posie est submergée par l’émotion, tandis que Max lui parle avec tendresse de la vie qu’ils auraient pu avoir et de la nécessité de choisir la vie réelle plutôt qu’une existence perpétuellement cachée.
La conversation prend alors une dimension nouvelle lorsque Max lui révèle l’identité de la jeune fille blonde figurant sur l’ancienne photographie que Posie avait conservée. Il s’agit d’Elise, sa sœur jumelle, que Posie connaissait sous le nom d’Elsie. Max raconte qu’ils étaient nés le même jour et à la même heure et qu’Elise possédait des talents exceptionnels pour les langues, l’imitation, le chant et la création. Son surnom familial était lié à son tempérament énergique et à ses cheveux roux, et elle avait adopté le nom d’Elsie pour travailler comme espionne. Max reconnaît qu’il avait menti à Posie lorsqu’il lui avait affirmé n’avoir laissé personne derrière lui en quittant l’Allemagne. Elise l’avait toujours suivi de près, d’abord pendant leurs études de médecine et de soins infirmiers à Berlin, puis pendant la Première Guerre mondiale. Après la disparition de Max d’un hôpital militaire allemand, elle avait réussi à gagner l’Angleterre en se faisant passer pour une infirmière belge, puis avait exigé d’être employée dans des conditions comparables à celles de son frère. Elle avait menacé de se suicider si elle n’était pas autorisée à le rejoindre et était finalement devenue l’une des meilleures agentes du service. En 1917, les deux jumeaux avaient été formés ensemble avant d’être affectés à la même opération sur la côte sud, même si leurs rôles différaient. Max avait ensuite été envoyé régulièrement ailleurs, mais revenait toujours à cette opération, et c’est pendant l’une de ces périodes qu’il avait rencontré Posie. Elise, elle, avait fini par tomber amoureuse d’un autre agent de l’opération, Jack, surnommé le Jackal. Max explique que Jack aimait Elise au point de risquer sa vie pour elle et qu’elle devait elle aussi être profondément amoureuse de lui pour accepter de l’épouser. Cette relation représentait pratiquement la seule chose personnelle qu’Elise s’était accordée pendant toute sa vie d’espionne. Posie comprend alors que le mariage d’Elise et Jack, que tout le monde avait jusque-là considéré avec méfiance, avait bien été réel. Elle montre à Max la bague que Simpkins lui a remise et lui demande comment Elise avait pu accepter de la faire fondre. Max réagit avec honte et admet qu’ils avaient décidé ensemble que cette transformation était nécessaire. Il reconnaît cependant que certaines choses sont impossibles à faire pour des espions sans conséquences terribles.
La conversation est brusquement interrompue par Lovelace, qui frappe à la porte et appelle Posie. Elle et Max restent silencieux tandis que le fiancé tente d’entrer. Max profite de cet instant pour se préparer à repartir par le balcon. Avant de partir, il révèle à Posie qu’il avait passé tout l’été caché chez Simpkins, dans la bijouterie de Snargate Street qu’elle venait justement de visiter. Il était donc beaucoup plus proche d’Elise qu’elle ne l’avait imaginé, mais il n’avait pas pu prendre le risque de se montrer à sa sœur. Max explique ensuite le sens véritable de la lettre qu’Elise avait envoyée à Posie en disant que quelque chose était « wrong ». Elise, convaincue que son frère était toujours vivant malgré les informations annonçant sa mort, espérait que Posie pourrait l’aider à le retrouver. Comme les jumeaux ressentaient une connexion particulière, la séparation prolongée lui paraissait anormale. Elise avait parlé de Max à Posie sans qu’elle en comprenne alors la raison. Max révèle également que ce n’est pas exactement l’espionnage qui a tué Elise, mais la décision de quitter cette vie clandestine. Il invite Posie à regarder autour d’elle, à observer les détails et les objets qui l’entourent, car ils révèlent l’ambition d’Elise et la raison pour laquelle elle devait mourir. Lorsqu’il affirme avoir vu ce qui s’est passé, il emploie le pluriel et laisse entendre que quelqu’un d’autre a été témoin de la mort avec lui, sans préciser qui. Alors que Lovelace s’apprête à ouvrir la porte avec une clé de secours, Posie comprend également que Max était venu dans sa chambre la nuit précédente et qu’il était l’homme assis près de son lit. Il confirme avoir laissé la lampe de poche, en expliquant qu’elle devait éclairer quelque chose que Posie devait étudier attentivement, car cet objet contenait son propre récit et pouvait contribuer à rendre justice à Elise. Puis Max escalade la balustrade et disparaît dans l’obscurité après avoir dit à Posie qu’il était heureux de l’avoir connue et qu’elle devait prendre soin de Lovelace, qu’il considère comme quelqu’un d’important pour elle. Posie reste seule sur le balcon, profondément bouleversée par cette rencontre et par l’ampleur des révélations qu’elle vient de recevoir.