Des années plus tard, Posie se souviendra encore de la manière dont Lovelace lui racontera ce qu’il avait trouvé en entrant dans sa chambre après avoir finalement forcé la porte. Il l’avait découverte profondément endormie sur son lit, toujours vêtue de son manteau, de son chapeau et de ses chaussures, tandis que Constable Smallbone se tenait derrière lui. Pourtant, au moment où elle ouvre les yeux, Posie ne répond pas aux questions inquiètes de son fiancé. Les paroles de Max lui reviennent avec une netteté terrifiante, notamment son conseil de regarder dans cette chambre où se trouve l’ambition d’Elise. Elle désigne alors les tableaux représentant la plage et la suite, rappelant à Lovelace qu’il lui avait déjà dit avoir vu des images semblables ailleurs. Celui-ci comprend que son intuition pourrait être importante et lui révèle ce que les recherches viennent de produire. Jamie Boxwood n’a pas été retrouvé, mais les policiers ont découvert un nouveau cadavre, celui d’un homme rejeté par la mer dans la crique située sous Ness Point. Posie demande aussitôt à Lovelace de réunir tout le monde dans le salon de l’hôtel, y compris William Joynson-Hicks et Sir Vernon Kell. Elle affirme savoir qui doit être arrêté, même si elle doit encore vérifier quelques éléments avec Sergeant Fox. Lovelace hésite à exposer devant tous des informations concernant une opération d’espionnage, mais Posie est convaincue que cela sera nécessaire. Il finit par ordonner que tous les occupants soient rassemblés à cinq heures et demie. Avant de partir, Posie remarque que le morceau de papier portant les informations sur Thea Elleridge, que Max lui avait laissé, est de nouveau tombé près de la porte-fenêtre et qu’il est trempé. Elle observe aussi des marques en croix dans la condensation de la vitre, semblables à un jeu de morpion, sans parvenir encore à leur donner un sens. Elle rejoint ensuite l’Incident Room avec Lovelace, tout en se préparant à la confrontation qui approche.
À l’extérieur, Dr Poots arrive avec un paquet enveloppé dans du papier brun. Il vient d’examiner le corps retrouvé dans la crique et rapporte également l’appareil Ever-Ready qu’il avait emporté pour en prélever des échantillons. Après l’avoir étudié lui-même, il estime que les nombreuses empreintes rendent l’objet presque inexploitable, mais il laisse entendre qu’il vient peut-être de changer d’avis et qu’il téléphonera plus tard. Cette remarque intrigue Posie, qui se concentre cependant sur un autre élément. Elle demande à Lovelace l’autorisation d’examiner le van de Tony Stone. Elle y trouve ce qu’elle cherchait et récupère également la robe blanche portant le numéro 40, qu’elle avait essayée la veille et qu’elle décide de conserver provisoirement. Puis elle rejoint Sergeant Fox, qui lui apporte les résultats des vérifications demandées depuis les Western Docks. Les renseignements concernant Ruth Walker confirment ses soupçons, tout comme ceux concernant le pub et l’Orphanage, qui avait reçu une importante donation. Fox a également vérifié les informations relatives au HMT Aragon et à Jack Moncrieff, grâce à un archiviste de New Scotland Yard. Une nouvelle information arrive alors de Rutherford’s Bank à Londres. Le directeur confirme à Lovelace que Petronella Douglas a bien reçu vingt mille livres d’une banque étrangère. La référence indiquée dans les documents était « Taylors », mais il s’agissait en réalité d’une traduction. Le nom original était « Portnov’s », la banque Portnov’s de Leningrad, utilisée par le gouvernement de l’Union soviétique. La découverte donne soudain une dimension politique et internationale à l’affaire. William Joynson-Hicks se réjouit de cette confirmation d’une implication russe et parle immédiatement de la menace communiste, convaincu que les recherches britanniques pourraient être convoitées par les Soviétiques. Pour Posie, cette information éclaire rétrospectivement un détail minuscule mais essentiel d’un télégramme, où apparaissait le mot « TAILOR » suivi de « BUT RED ». Elle comprend que Max connaissait déjà l’existence de cet argent soviétique et qu’il avait confirmé à Elise, indirectement, l’importance de cette piste.
Fox transmet ensuite à Posie une autre partie des renseignements obtenus lors de l’appel avec Rutherford’s Bank, concernant notamment l’American father-in-law. La révélation la surprend profondément, mais elle l’intègre aussitôt à l’ensemble des éléments dont elle dispose. Elle estime désormais avoir presque entièrement reconstitué l’affaire, même si elle reconnaît manquer encore de preuves suffisamment solides pour convaincre les autres. Lovelace l’appelle alors, puisqu’elle avait demandé que tout le monde soit réuni. Avant de rejoindre le salon, Posie remarque toutefois un très jeune policier occupé près de la porte de la véranda et aperçoit, dans les parties sombres du bungalow, le panier contenant des objets balayés et ramassés plus tôt. Une intuition soudaine lui fait comprendre que deux de ces objets constituent précisément les preuves qu’elle cherchait. Elle fouille rapidement le panier, récupère les deux éléments et demande au jeune policier d’apporter l’ensemble au salon. Ces objets, qui lui avaient semblé insignifiants auparavant, prennent désormais un sens nouveau à la lumière de tout ce qu’elle vient de découvrir. Alors qu’elle s’apprête enfin à rejoindre les autres, le téléphone se met à sonner. Fox étant parti chercher Petronella Douglas, Posie décroche elle-même. À sa grande surprise, l’appel vient de Londres et de la jeune femme au chapeau couleur souci, dont elle avait remarqué la présence auparavant. La jeune femme se présente sous son vrai nom, Susan Phelps, et explique qu’elle est prête à parler à la police de ce qu’elle a vu. Depuis un café londonien, Susan livre son témoignage à Posie. Cette dernière écoute attentivement et comprend que les déclarations de Susan complètent les indices matériels, financiers et humains qu’elle vient de rassembler. À cet instant, Posie considère enfin disposer de tout ce dont elle a besoin pour présenter son raisonnement. Le rassemblement de toutes les personnes concernées peut donc commencer, avec les nouvelles preuves, les révélations de la banque et le témoignage de Susan permettant désormais à Posie de transformer ses soupçons en véritable affaire à exposer.