L. B. Hathaway

43. Le visage caché de Jack

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Tous les regards se tournent vers Alf, puis vers Posie, qui poursuit son accusation en reconstituant le réseau ayant permis à Jack Moncrieff de simuler sa mort. Elle explique qu’Alf, fils cadet du propriétaire du Two Kennels, adorait Jack et aurait accepté de l’aider contre une forte rémunération. Ruth Walker, sœur du propriétaire, était elle aussi liée depuis longtemps à Jack et Elsie. Tous deux avaient été recrutés pour jouer des rôles différents dans l’organisation clandestine, tandis qu’Alf continuait officiellement à travailler au pub de son père afin de dissimuler ses activités. Posie révèle ensuite que Harriet Neame n’avait jamais été véritablement l’intermédiaire qu’Elsie avait prétendu avoir utilisée pour recruter le personnel. Harriet avait été choisie et préparée à son insu par Alf, qui l’avait séduite afin de l’intégrer au dispositif. Elle était suffisamment efficace pour écouter et observer, mais pas assez perspicace pour comprendre qu’elle avait elle-même été manipulée. Ruth, en revanche, connaissait réellement le secret essentiel du couple. Après la naissance des enfants d’Elsie et Jack, c’est à elle qu’Elsie avait confié les bébés. Elle les avait élevés dans un appartement situé derrière le Two Kennels, puis avait suivi le groupe jusqu’à White Shaw en 1921, en emmenant les enfants avec elle. Posie dévoile alors le cœur de son raisonnement. White Shaw n’était pas seulement un endroit idéal pour espionner, c’était également le cadre parfait pour qu’Elsie puisse rester proche de ses enfants sans révéler leur véritable identité. Petronella Douglas et Tony Stone, riches, mariés et sans enfants, formaient des parents adoptifs idéaux, surtout parce que Petronella désirait désespérément avoir un bébé. Les deux garçons qu’ils croyaient avoir recueillis dans un orphelinat étaient en réalité les fils jumeaux d’Elsie et Jack. L’orphelinat de Douvres avait reçu une importante somme d’argent pour monter cette histoire et faire croire à Petronella que les enfants étaient de véritables orphelins. Tony comprend avec horreur que leur adoption n’a probablement aucune valeur juridique, puisque les lois sur l’adoption sont encore floues et que les enfants appartiennent légalement à leurs parents biologiques. Mais Posie va plus loin. Elle affirme que Jack Moncrieff est toujours vivant et qu’il se trouve dans la pièce. Elle désigne alors Sidney Sherringham comme un faux coupable possible avant de révéler que les véritables indices conduisent vers Mickey O’Dowd. Elle rappelle qu’Elsie se promenait souvent sur la plage avec les jumeaux et avec Mickey, et que les enfants avaient eux-mêmes laissé échapper des indications révélatrices, notamment en disant que Mickey était le petit ami d’Elsie et qu’il pleurait depuis son départ. Les indices matériels confirment progressivement cette hypothèse. Jack portait autrefois un anneau de famille aristocratique au petit doigt de la main droite, mais cette bague avait été fondue plusieurs fois. Elle avait d’abord servi à fabriquer les alliances d’Elsie et Jack, puis avait été transformée en pendentif bon marché représentant saint Christophe, avant d’être fondue une nouvelle fois pour devenir une bague ornée de deux dents de lait, provenant chacune d’un des jumeaux, destinée à Elsie comme souvenir de ses enfants. Même les gestes et l’apparence de Mickey trahissent son ancienne identité. Il avait parfois le réflexe de toucher son nez comme pour repousser des lunettes épaisses qu’il ne portait plus, souvenir de la paire de lunettes dorées utilisée lorsqu’il vivait à l’auberge des prêtres. Surtout, ses cheveux avaient dû être teints pour masquer ses cheveux naturellement blonds. Elsie utilisait régulièrement la chambre d’hôtel pour préparer cette transformation, mélangeant du peroxyde et du cirage noir afin de donner à son mari l’apparence nécessaire à son rôle. Mickey nie alors farouchement être un espion et affirme avoir survécu au naufrage de l’HMT Aragon, présenté comme une preuve de son identité et de son passé héroïque. Mais Posie explique qu’elle a demandé à Sergeant Fox de vérifier les archives. Le véritable Mickey O’Dowd, un Irlandais ayant servi sur le navire, avait bien survécu au naufrage, avait reçu la Victoria Cross, puis était mort d’alcoolisme en 1918. Son histoire tragique avait donc été récupérée par MI5 afin de fournir à Jack une identité parfaite. Posie accuse directement Sir Vernon Kell d’avoir autorisé cette utilisation du nom et du passé d’un homme mort. Elle explique ensuite pourquoi cette identité convenait si bien à Jack. Après les traumatismes liés à l’abandon de ses enfants et à la destruction de sa vie familiale, l’ancien aristocrate s’était lui-même transformé en homme brisé, alcoolique et violent. Son rôle de Mickey O’Dowd lui permettait de continuer à boire et à se battre sans éveiller les soupçons, car ces comportements correspondaient exactement à l’image du marin irlandais endurci qu’il prétendait être. Le choix de ce personnage faisait également écho à leur opération, appelée Operation Firebird, puisque Jack et Elsie plaisantaient autrefois sur l’idée de renaître de leurs cendres. Posie reconstitue enfin la manière dont Jack avait intégré White Shaw. Il aurait rencontré Tony Stone au Two Kennels lors d’une bagarre probablement organisée par Alf, puis aurait obtenu un emploi chez lui indépendamment d’Elsie, conformément au plan élaboré par le couple. Tony, stupéfait, demande à son employé si tout cela est vrai, tandis que Mickey se lève et révèle peu à peu la stature imposante de Jack Moncrieff. Ses yeux gris sont identiques à ceux de ses enfants. Posie atteint alors le point décisif de son accusation. Elsie était sur le point de quitter Jack, l’espionnage et White Shaw. Elle ne l’aimait plus et voulait reprendre sa liberté. Posie suggère que Jack, incapable d’accepter cette nouvelle perte, aurait pu la suivre jusqu’aux falaises et la tuer. Elle cherche volontairement à le provoquer, jusqu’à ce qu’il réagisse. Soudain, dans un mouvement rapide, Jack sort un petit pistolet Parabellum Luger de 1906 et le braque directement sur Posie. La révélation de son identité est désormais complète, mais Posie se retrouve une nouvelle fois face au canon d’une arme d’espion.