L. B. Hathaway

44. La vérité derrière les apparences

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Quelqu’un, probablement Petronella Douglas, pousse un cri lorsque Posie accuse ouvertement Mickey O’Dowd d’être en réalité Jack Moncrieff. Lovelace se lève aussitôt pour protéger Posie, mais Jack braque sur elle un petit pistolet Luger et promet de tirer si elle répète son accusation. Sa transformation est saisissante. L’accent irlandais disparaît, sa voix devient celle d’un aristocrate instruit, et les tremblements ainsi que la nervosité qui caractérisaient Mickey O’Dowd s’évanouissent. Sir Vernon Kell intervient calmement et demande à Jack de ranger son arme, puisqu’il n’est pas encore accusé du meurtre d’Elsie. Posie explique qu’elle l’a provoqué volontairement afin de le contraindre à révéler sa véritable identité, et qu’elle cherche seulement à obtenir justice pour sa femme. Jack accepte alors de raconter ce qui s’est passé. Il explique que son travail à White Shaw consistait en grande partie à attendre et à maintenir sa couverture de buveur, tandis qu’Elsie s’occupait notamment de ses activités créatives. Au début de l’été, cependant, ils avaient découvert l’existence d’un traître qui collaborait avec les Soviétiques. Jack affirme que Petronella Douglas avait accepté de vendre des informations afin de conserver son train de vie et sa maison. Elle avait notamment favorisé les visites de Jamie Boxwood, puis organisé sa rencontre avec un agent soviétique lors d’une réception prévue le premier samedi de novembre. Cette opération, baptisée November Drop, devait permettre l’échange de plans de sous-marins contre une importante somme d’argent. Petronella nie d’abord, mais finit par admettre qu’elle n’a traité qu’avec un intermédiaire, ce qui constitue pour Lovelace un aveu capital. Jack poursuit en expliquant qu’Elsie avait refusé d’assister à la réception, car elle ne voulait plus poursuivre cette existence d’espionne. Il s’y était donc rendu seul, mais tout avait mal tourné. L’agent soviétique avait disparu avec les plans, Jamie Boxwood s’était volatilisé, puis Elsie était morte. Depuis, Jack avait essayé d’effacer les traces de leur activité clandestine et de détruire les preuves qui auraient pu révéler qu’Elsie était une espionne. Posie lui demande ensuite s’il savait qu’Elsie devait retrouver Max sur la falaise pendant la tempête. Il confirme qu’il le savait et révèle également qu’Elsie connaissait la relation entre Max et Posie. Max avait parlé de Posie à Elsie et lui avait expliqué l’importance de ses sentiments pour elle, ce qui avait conduit Elsie à lui écrire. Mais Posie comprend alors que l’enquête doit être abordée autrement. Elle revient sur la découverte faite par Petronella dans la chambre d’Elsie le dimanche, puis demande à Jack de préciser quelle était la principale passion de sa femme. Il répond qu’Elsie était passionnée de couture et qu’elle y consacrait énormément de temps. Posie comprend soudain que cette activité constitue le véritable centre de l’affaire. Les vêtements d’un turquoise remarquable qu’Elsie portait, les objets mystérieusement retirés de sa chambre après sa mort, les dessins et les patrons retrouvés dans les portfolios du van Douglas & Stone, ainsi que les tableaux représentant des robes à l’hôtel, tout converge vers la même révélation. Elsie concevait et fabriquait des robes de mariée. Cette vocation remontait à son enfance, comme le montre la photographie ancienne où la petite Elsie tient une poupée vêtue d’une robe de mariée qu’elle avait elle-même confectionnée. À White Shaw, elle avait enfin pu transformer cette passion en véritable accomplissement professionnel. Trois ans auparavant, lorsqu’elle avait été envoyée sous couverture dans la maison de Tony Stone et Petronella, Elsie avait été ravie d’observer un créateur aussi réputé, mais elle avait rapidement constaté que Douglas & Stone ne proposait pas de vêtements pour femmes. Elle avait attendu le bon moment avant de proposer discrètement à Tony Stone de créer deux petites collections, l’une de robes de mariée et l’autre de vêtements de croisière. Tony, dont la maison connaissait des difficultés financières malgré son Royal Warrant, avait accepté de présenter les créations sous son propre nom. Elsie avait donc travaillé seule, dans son appartement, après ses journées d’espionnage, en faisant fonctionner sa machine à coudre à toute heure pour masquer le bruit et en refusant que quiconque voie son travail. Tony avait ensuite intégré ses créations à son défilé de janvier à Haresmythe’s, à Knightsbridge. Le succès avait été spectaculaire, surtout pour la collection de mariée, qui avait valu à Douglas & Stone une publicité considérable et suscité une avalanche de commandes. Des couturières londoniennes, parmi lesquelles Susan Phelps, avaient alors été engagées à St Margaret’s Bay pour reproduire les modèles d’Elsie, tandis qu’elle supervisait personnellement la fabrication et complétait elle-même certaines pièces. Susan avait reçu une forte somme pour garder secrète l’implication d’Elsie et avait été engagée pour la collection suivante, plus importante, dont les prototypes devaient être prêts pour novembre. Cette réussite explique pourquoi Petronella avait découvert quelque chose qu’elle ne pouvait supporter. Lorsqu’elle entra dans la chambre d’Elsie le dimanche, elle comprit que sa femme de chambre ne se contentait pas de travailler pour elle et de l’espionner. Elsie avait créé en secret les vêtements qui redonnaient à Douglas & Stone une prospérité et une renommée nouvelles. Posie estime que la jalousie de Petronella fut alors le véritable déclencheur de son comportement. Elle avait ordonné le licenciement d’Elsie, mais cette décision était d’autant plus douloureuse que les créations représentaient une ambition personnelle que Petronella ne possédait pas elle-même. Posie explique également que Tony Stone avait de bonnes raisons de soutenir le projet. Il avait des difficultés financières, avait contracté des emprunts irréguliers sur l’entreprise et rêvait de retrouver un showroom à Londres. Les collections d’Elsie lui offraient exactement ce qu’il désirait, davantage d’argent, de prestige et la possibilité de relancer sa maison. Tony reconnaît finalement que tout avait commencé comme une sorte de plaisanterie, mais que les conséquences étaient devenues immenses. Petronella, de son côté, n’avait probablement rien remarqué parce qu’elle passait une grande partie de son temps au lit, sous l’influence de l’alcool et de la cocaïne. Jack confirme qu’Elsie pouvait facilement travailler dans les salles de coupe sans éveiller les soupçons. Il admet cependant qu’il n’avait pas compris à quel point elle prenait cette seconde carrière au sérieux. Pour Posie, c’est précisément là que se trouve le véritable mobile. Elle comprend que l’histoire d’espionnage, la trahison soviétique et le November Drop ne suffisent pas à expliquer la mort d’Elsie. La jeune femme avait retrouvé sa vocation, produit des créations remarquables et commencé à bâtir une ambition qui dépassait largement son rôle clandestin. Lorsque Lovelace tente de ramener Posie à l’affaire des espions et aux raisons qui auraient provoqué les meurtres, elle refuse. Elle affirme avec certitude que ce n’est pas l’espionnage, mais l’ambition artistique d’Elsie et la menace qu’elle représentait pour Petronella et pour l’équilibre de Douglas & Stone, qui explique pourquoi Elsie Moncrieff devait mourir.