L. B. Hathaway

45. Le pact secret et le faux alibi

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Posie poursuit sa reconstitution en distinguant clairement le mobile de Petronella Douglas de celui du véritable meurtrier. La note de licenciement adressée à Elsie contenait la phrase selon laquelle elle savait ce qu’elle avait fait, mais Posie estime que Petronella ne comprenait pas réellement l’ampleur de ce qu’Elsie préparait. Elle était jalouse, furieuse et responsable de son licenciement, mais son alibi est solide et elle n’a pas tué Elsie. Le véritable enjeu apparaît lorsque Posie montre la copie bleue d’un Agreement conclu entre Elsie et Tony Stone après le succès de la première collection. Le document, dont l’original a disparu avec Harriet Neame, prouvait qu’Elsie ne travaillait pas simplement gratuitement pour Douglas & Stone. Elle avait négocié son avenir. Lorsque Tony quitterait White Shaw pour créer une nouvelle maison de couture à Londres, Elsie devait le suivre comme directrice artistique des collections féminines, avec probablement l’ambition d’obtenir une part financière dans la nouvelle entreprise. Elle avait donc travaillé sans relâche à la nouvelle collection de novembre en comptant sur cet accord pour transformer son talent clandestin en véritable carrière. Tony nie l’existence du document, mais Posie comprend qu’il aurait eu toutes les raisons de souhaiter sa disparition. Tony lui-même préparait depuis longtemps son départ de White Shaw. Il était épuisé par Petronella, par son emprise sur lui et par l’atmosphère de la maison, tandis que ses vérifications des comptes de Rutherford’s Bank lui avaient permis de soupçonner que sa femme était mêlée à des affaires douteuses. L’idée d’une nouvelle maison londonienne, avec Elsie comme créatrice principale, lui avait d’abord paru idéale. Mais, selon Posie, Tony avait fini par voir le problème. En observant Elsie travailler avec une énergie et une détermination extraordinaires, il aurait compris qu’en quittant Petronella il risquait simplement de remplacer une femme autoritaire par une autre, encore plus exigeante. Elsie travaillait toute la nuit, simulait parfois des migraines pour échapper à des obligations sociales et terminer ses vêtements, et poursuivait son ambition avec une efficacité implacable. Tony aurait alors décidé de rompre l’accord avant qu’il ne soit trop tard. Posie révèle ensuite que Tony avait menti sur son emploi du temps du dimanche. Il prétendait avoir passé la journée et la soirée à Londres, mais Sergeant Fox annonce que l’Oberoy Club a confirmé qu’il ne s’y trouvait jamais et qu’il avait même payé une somme importante pour obtenir un faux alibi. Lovelace demande alors où Tony était réellement. Pour Posie, les indices étaient présents depuis le début. Tony avait demandé à Sidney Sherringham de le déposer à la gare de Douvres, donnant ainsi l’impression de partir pour Londres, puis avait pris peu après un taxi à moteur pour revenir discrètement jusqu’à l’entrée arrière du Bay Hotel. Il avait ensuite utilisé le couloir de service pour gagner le Bay Bungalow, où il pouvait rester caché, travailler tranquillement et préparer sa confrontation avec Elsie. Le bungalow était surtout précieux parce qu’il disposait d’une ligne téléphonique séparée. Posie comprend que cette installation permettait à Tony de faire croire à Petronella qu’il se trouvait à Londres alors qu’il était en réalité tout près. Les appels du Bay Hotel pouvaient être redirigés par le bungalow, et Posie soupçonne Mr Cluff, le supérieur véritable de Mr Potterton, d’avoir été payé par Tony pour organiser cette mise en scène. Cluff aurait fait passer les appels et transmis les messages provenant de l’Oberoy Club lorsque Petronella cherchait à joindre son mari, donnant ainsi une apparence crédible au faux voyage à Londres. Cette découverte détruit donc l’alibi de Tony et montre qu’il avait non seulement la possibilité de se trouver près d’Elsie, mais aussi préparé soigneusement les moyens de dissimuler sa présence. Posie revient ensuite sur la soirée de dimanche et sur la poursuite d’Elsie jusqu’à Ness Point. Elle établit que plusieurs hommes se trouvaient au même endroit pour des raisons différentes. Jack Moncrieff avait suivi Elsie parce qu’il savait qu’elle voulait quitter White Shaw et qu’il espérait encore la convaincre de rester avec lui. Il craignait qu’elle ne se trompe sur certaines personnes et qu’elle soit dupée, mais son objectif était de sauver leur relation et leur vie commune. Tony Stone, lui, avait également suivi Elsie, mais avec une intention beaucoup plus menaçante, car il cherchait à échapper à l’Agreement et à empêcher la jeune femme de poursuivre sa propre ambition professionnelle. Posie rappelle ainsi que les deux hommes avaient été attirés vers la falaise à la suite des décisions d’Elsie, mais que leurs motivations étaient radicalement différentes. Jack avait déjà reconnu avoir été présent à Ness Point et avoir voulu persuader Elsie de rester. Tony, au contraire, avait menti sur sa présence et organisé son faux alibi. Pour Posie, cette accumulation de mensonges, la proximité du bungalow, les déplacements dissimulés et l’existence de l’Agreement forment désormais un ensemble cohérent. Pourtant, une question essentielle demeure. Si Jack et Tony étaient tous deux à Ness Point, lequel des deux a réellement poussé Elsie dans le vide. Posie se tourne alors vers Jack et lui demande de raconter précisément ce qui s’est passé cette nuit-là, car la prochaine étape de son raisonnement doit permettre de déterminer lequel des deux hommes a commis le meurtre.