L. B. Hathaway

46. La vérité au bord du vide

Murder on the White CliffsRésumé 🇫🇷 Français

Jack Moncrieff raconte enfin ce qui s’est passé sur les falaises de Ness Point, le dimanche soir où Elsie est morte. Il avait suivi sa femme dans la tempête parce qu’il voulait la convaincre de ne pas partir, notamment de ne pas quitter White Shaw avec Tony Stone. Jack envisageait même une rupture avec les services secrets, un retour en Écosse auprès de son père et la possibilité de reprendre leur vie avec leurs deux fils, les jumeaux qu’Elsie et lui avaient autrefois confiés à d’autres. Il voulait surtout empêcher Elsie de refaire confiance à Tony, qu’il jugeait lâche et incapable de s’opposer à Petronella Douglas. Arrivé à Ness Point, Jack observe Elsie attendre Max, puis voit effectivement celui-ci apparaître. Les deux parlent en allemand, avant de se lever brusquement, comme s’ils avaient compris qu’ils n’étaient pas seuls. Dans l’obscurité, une silhouette assez petite apparaît derrière Elsie, éclairée un instant par le faisceau du phare de South Foreland. Une main pousse violemment Elsie vers le vide. Jack tente d’intervenir, mais il est trop tard. Il remarque alors une odeur très forte d’agrumes, qu’il associe au parfum de Petronella, puis aperçoit Max en train de discuter avec une femme au bord de la falaise. Enfin, il distingue quelqu’un qu’il connaît très bien qui s’enfuit à travers les champs, les mains couvertes de sang. Pour Jack, aucun doute, cette personne est Tony Stone. Tony nie froidement, mais son calme paraît à Posie plus inquiétant encore qu’une défense véhémente. Lovelace reconnaît que le récit de Jack est convaincant, mais déplore l’absence de preuve permettant d’arrêter Tony. Posie révèle alors qu’elle possède justement des éléments matériels, même s’ils ne prouvent pas directement la présence de Tony sur la falaise. Elle présente d’abord deux objets retrouvés dans le Bay Bungalow, où Harriet Neame a été assassinée la nuit précédente. Le premier est un foulard bleu appartenant à Harriet, probablement arraché pendant la lutte. Le second est un objet ressemblant à une selle de bicyclette, que Ruth Walker identifie comme un « tailor’s ham », un coussin utilisé par les couturiers pour repasser les coutures, et qu’elle reconnaît comme appartenant à Tony Stone. Posie reconstitue alors le meurtre de Harriet. Après avoir découvert l’Agreement secret entre Elsie et Tony, Harriet avait compris qu’elle pouvait faire chanter le créateur et lui avait donné rendez-vous au Bay Bungalow, qu’il connaissait déjà et qu’il savait désert. Tony l’y aurait attendue avec son matériel de couture, notamment des instruments suffisamment tranchants pour tuer. Il aurait poignardé Harriet dans le dos, puis attendu que les festivités du feu de joie soient terminées avant de déplacer son corps sous le bûcher et de nettoyer le sang dans le bungalow avec de l’eau de Javel. Posie demande ensuite à Sergeant Fox d’expliquer le meurtre de Bruce Douglas, le père de Petronella. Fox révèle que Tony avait besoin d’argent pour préparer sa nouvelle entreprise londonienne et qu’il avait utilisé Jack Moncrieff pour se faire passer pour Bruce Douglas auprès de Rutherford’s Bank. Grâce à son talent pour les accents et les déguisements, Jack avait obtenu plusieurs prêts en espèces au nom du véritable Bruce, prêts qui servaient à financer les préparatifs de la nouvelle maison de couture de Tony. Mais une erreur de procédure avait obligé la banque à envoyer un document à New York, permettant au véritable Bruce de découvrir l’existence de ces emprunts. Comprenant que son stratagème allait être découvert, Tony devait donc se débarrasser de lui. Bruce arriva à White Shaw avec le registre de la société et fut empoisonné au Veronal après avoir bu du sherry. Petronella affirme que les bouteilles étaient neuves lorsqu’elle les avait envoyées, ce qui oriente les soupçons vers Potterton, le directeur adjoint de l’hôtel. Celui-ci finit par reconnaître avoir laissé les plateaux à la réception à la demande de Tony, permettant à celui-ci de les manipuler sans être vu. Posie explique que Tony avait utilisé ses petits instruments de couture pour ouvrir les protections en toile cirée des bouteilles, y introduire du Veronal à des doses différentes, puis recoudre soigneusement les protections et rattacher les notes de Petronella. La dose destinée à Bruce était mortelle, tandis que celles de Posie et Rainbird devaient seulement les endormir suffisamment pour empêcher toute intervention ou poursuite. Posie comprend alors que le rôle de Potterton ne s’est pas limité à rendre possible l’empoisonnement. Tony avait besoin d’accéder à la chambre de Bruce pour vérifier si son beau-père avait succombé au poison et, selon toute vraisemblance, Potterton lui avait fourni les clés vers neuf heures ou neuf heures et demie, sous prétexte qu’il voulait simplement vérifier l’état de Bruce. Le directeur adjoint, jusque-là présenté comme un simple témoin dépassé par les événements, se retrouve ainsi accusé d’avoir facilité le crime, et Lovelace ordonne qu’il soit conduit au poste pour complicité. Pendant ce temps, Tony reste étrangement impassible, fumant lentement et regardant dans le vide, comme s’il était déjà détaché de tout ce qui se déroule autour de lui. Posie relie cependant tous les meurtres à une même motivation. Tony voulait supprimer tous ceux qui menaçaient son avenir, celui qu’il imaginait à Londres avec une nouvelle maison de couture fondée sur le talent d’Elsie, mais sans Elsie elle-même et sans les contraintes de White Shaw. Il avait d’abord éliminé Elsie parce qu’elle risquait de l’empêcher de rompre leur accord et de prendre avec lui la place de créatrice principale de sa nouvelle entreprise. Il avait ensuite tué Harriet parce qu’elle détenait une preuve compromettante et voulait le faire chanter, puis Bruce parce que ses démarches auprès de la banque menaçaient de révéler les manipulations financières nécessaires à son départ. Le même désir de liberté, d’argent et de réussite explique donc les trois crimes. Au moment où Lovelace, épuisé, donne à Oats l’ordre d’arrêter Tony, celui-ci demeure silencieux et apparemment résigné. Pourtant, soudain, un mouvement fulgurant déchire la pièce. Du métal brille, des coups de feu retentissent, quelqu’un hurle de douleur, et l’odeur métallique du sang envahit la pièce.