L.B. Hathaway

18. Les masques du mariage

The Saltwater Murder (The Posie Parker Mystery Series Book 7)Résumé 🇫🇷 Français

À leur arrivée chez les Lyle, Posie Parker et l’inspecteur Lovelace découvrent une demeure plongée dans le désordre. Des malles et des valises portant le nom de la famille Roade encombrent le hall, signe du retour précipité de Lady Antonia et de ses fils. Le jeune majordome, visiblement traumatisé par la guerre et sujet à de violents tremblements, leur explique que les domestiques ne s’attendaient pas à revoir leur maîtresse avant plusieurs semaines et ignorent encore les raisons de ce changement de programme. Les visiteurs perçoivent également les disputes inhabituelles des servantes, qui laissent deviner une atmosphère de tension. Ils sont conduits dans un salon d’un luxe éclatant où Lady Antonia les reçoit sans quitter son canapé. Son apparence frappe immédiatement Posie. Très pâle, les cheveux teints en bleu, les pupilles anormalement dilatées, elle semble sous l’emprise de la cocaïne, dont les accessoires sont posés à côté d’elle sans la moindre tentative de dissimulation. Malgré son allure fragile, sa voix est ferme et autoritaire. Posie est surtout fascinée par le contraste entre cette pièce débordante de couleurs, de soieries, de trophées d’animaux et d’objets rapportés d’Inde, et les lieux sobres qu’occupait Amyas Lyle. Rien dans ce salon ne rappelle le défunt, comme si ce monde appartenait exclusivement à son épouse. Lady Antonia explique que ces objets viennent de ses grands-parents installés autrefois à Shimla et qu’elle les a recueillis parce que son père, issu d’une longue lignée de juristes protestants et de dignitaires religieux, refusait toute décoration évoquant les croyances indiennes. Elle affirme être une femme profondément attachée à son histoire familiale, contrairement à Amyas, qu’elle décrit comme un homme privé de passé puisqu’il avait été adopté dès son plus jeune âge. Cette révélation surprend Posie, qui imagine aussitôt un éventuel lien avec le meurtre, mais Lady Antonia précise qu’Amyas avait toujours connu son adoption et n’avait jamais cherché à retrouver sa famille biologique, se montrant totalement indifférent à ses origines. Estimant que l’entretien n’avance pas, Posie abandonne les précautions et demande directement à Lady Antonia si elle est réellement affectée par la mort de son mari. Après un silence pesant, celle-ci répond avec une franchise déconcertante qu’elle n’est pas triste mais seulement en colère et désorientée. Elle décrit son mariage comme un arrangement parfaitement assumé. Elle lui a apporté son argent, sa maison et deux fils jumeaux, tandis qu’Amyas obtenait grâce à cette union les moyens de bâtir une brillante carrière jusqu’aux plus hautes fonctions judiciaires. Ce qui la révolte n’est pas sa disparition en elle-même, mais le fait que leur projet commun ait été brutalement interrompu avant d’atteindre son accomplissement. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retirait personnellement de cette alliance, elle répond simplement qu’elle désirait avant tout ses enfants et rappelle qu’Amyas l’avait épousée rapidement lorsqu’elle était enceinte afin de préserver son honneur. Lovelace oriente ensuite la conversation vers les anciennes habitudes de jeu d’Amyas. Lady Antonia reconnaît qu’il était autrefois un parieur compulsif capable de miser sur n’importe quoi, mais affirme que cette conduite avait cessé en 1914 au moment de leur mariage. Selon elle, un contrat matrimonial imposait explicitement à Amyas de renoncer au jeu, de mener une vie honorable et de soutenir son épouse ainsi que son beau-père, tandis que celui-ci favoriserait sa carrière. Elle ajoute que leurs testaments, conservés chez leurs avocats, prévoient que chacun hérite de tous les biens de l’autre. Posie souligne cependant une contradiction importante en révélant que des preuves montrent qu’Amyas continuait à jouer en 1919 et remportait encore des sommes considérables. Lady Antonia refuse de croire cette possibilité et insiste sur le fait que son père n’aurait jamais toléré une telle violation de leur accord. Posie évoque ensuite la maison de Fever Street et la maîtresse d’Amyas. Cette fois, le calme apparent de Lady Antonia laisse place à une colère intense. Elle admet avoir découvert cette liaison mais affirme qu’elle n’avait d’autre choix que de l’endurer. Elle refuse d’expliquer les actes de son mari et déclare qu’il était libre d’entretenir une femme en secret s’il le souhaitait. Derrière cette réponse se devinent pourtant une profonde humiliation et une blessure qu’elle peine à dissimuler, révélant que, malgré son discours sur le mariage de convenance, l’infidélité d’Amyas l’a profondément atteinte. Lady Antonia conduit alors les enquêteurs dans un petit bureau qu’elle avait aménagé pour son mari au début de leur mariage mais qu’il n’a pratiquement jamais utilisé. En ouvrant fébrilement les tiroirs, elle avoue avoir chargé George, le chef des clercs du cabinet d’Amyas, de l’espionner lorsque celui-ci s’est progressivement éloigné de sa famille au début de l’année, ne venant plus à la maison que le dimanche. Grâce à cette surveillance, elle a appris l’existence des lettres de menace reçues par Amyas et découvert sa liaison avec Olga Karloff. Elle remet à Posie et Lovelace un important lot de factures récupérées dans les corbeilles de son mari. Ces comptes détaillent les dépenses engagées pour la maison de Fever Street, depuis les travaux de peinture jusqu’aux achats de tissu, et portent les initiales d’Olga. Posie comprend qu’Amyas réglait régulièrement ces dépenses avant de jeter les justificatifs, récupérés ensuite par George. Lady Antonia reconnaît également s’être rendue à plusieurs reprises devant cette maison pour l’observer depuis sa voiture sans jamais affronter sa rivale. Elle ajoute seulement qu’Olga n’était plus en état de soutenir une confrontation, sans donner davantage d’explications. À la demande de Posie, elle sort ensuite un paquet de vingt-deux cartes postales identiques provenant de Whitley Bay, toutes reçues depuis janvier et systématiquement jetées par Amyas. Elles correspondent exactement aux mystérieuses cartes déjà découvertes par les enquêteurs, mais Lady Antonia affirme qu’Amyas n’avait, à sa connaissance, aucun lien avec cette ville. L’entretien aborde ensuite la politique. Elle confirme sans hésiter que son père finance largement le mouvement fasciste naissant et qu’Amyas soutenait cette cause parce que leur contrat matrimonial l’y obligeait. Enfin, interrogée sur le docteur William Dawney, elle affirme qu’il était resté un ami fidèle d’Amyas depuis leurs années d’école. Après la mort successive de ses parents puis de son épouse Kate, William avait trouvé auprès des Lyle un précieux soutien et venait souvent passer les dimanches avec Amyas et les jumeaux. Il avait même confié à Lady Antonia qu’il aidait désormais Amyas dans un nouveau projet dont elle ignorait la nature. Au moment du départ, Posie demande si un homme brun observait récemment la maison. Lady Antonia tourne d’abord la question en plaisanterie avant de la transmettre au majordome Albert. Celui-ci nie avoir remarqué un tel individu, mais son hésitation et son incapacité à soutenir le regard de sa maîtresse ou celui de Posie éveillent les soupçons de la détective, d’autant que la conversation sur les traumatismes de la guerre révèle combien Albert, comme Posie elle-même, demeure hanté par les souvenirs du front.