L.B. Hathaway

19. Après l'entretien sous la pluie

The Saltwater Murder (The Posie Parker Mystery Series Book 7)Résumé 🇫🇷 Français

En quittant la demeure des Lyle, Posie Parker et l'inspecteur Lovelace s'éloignent ensemble vers Victoria, tout en commentant l'entretien qu'ils viennent d'avoir avec Lady Antonia. La pluie commence à tomber tandis qu'ils échangent leurs impressions sur cette femme déroutante. Posie reproche ouvertement à Lovelace d'avoir été beaucoup trop indulgent avec elle, insinuant que sa beauté, son rang social et son charme ont influencé son attitude alors qu'il la considérait auparavant comme la principale suspecte du meurtre d'Amyas Lyle. Lovelace ne répond pas vraiment à cette accusation, ce qui amuse Posie. Malgré son ironie, elle reconnaît néanmoins qu'elle a désormais du mal à croire Lady Antonia capable d'avoir organisé un assassinat. Son état de dépendance à la drogue, son comportement instable et l'impression générale qu'elle a laissée rendent peu crédible l'idée qu'elle ait planifié un crime aussi complexe. Posie estime également que la mort d'Amyas va directement à l'encontre des intérêts de son épouse puisqu'elle met fin au projet de réussite sociale qu'ils poursuivaient ensemble. Lovelace partage toutefois le sentiment que quelque chose d'important n'a pas été dit durant l'entretien. Tous deux ressentent qu'une partie de l'histoire de Lady Antonia demeure incomplète, même s'ils sont incapables d'identifier précisément ce qui manque. Ils reviennent ensuite sur la révélation concernant l'adoption d'Amyas. Posie s'étonne que même son frère Richard ne lui en ait jamais parlé, mais Lovelace estime que cet élément appartient au passé et qu'il est peu probable qu'il explique un meurtre provoqué par des événements récents. Constatant qu'il est déjà tard, il décide de répartir les tâches. Il charge Posie de se rendre seule au 57 Fever Street afin d'interroger Olga Karloff, la maîtresse d'Amyas, et de lui annoncer la mort de celui-ci. Lui-même doit assister à une importante réunion administrative à Scotland Yard avant de retrouver Posie à sept heures au Royal College of Surgeons pour interroger le docteur William Dawney. Lovelace insiste sur l'importance de rencontrer rapidement tous les noms figurant sur la liste d'Amyas, pendant que les événements sont encore frais dans les esprits. Avant de se séparer, Posie remarque que tous les indices semblent converger vers le début de l'année. C'est à cette période qu'Amyas a commencé à changer de comportement, que Lady Antonia a fait surveiller son mari, que les lettres anonymes et les mystérieuses cartes postales ont commencé à arriver, et que la liaison avec Olga est devenue manifeste. Tous deux en concluent que cette période constitue probablement le véritable point de départ de l'affaire. Leur conversation est interrompue par une voix puissante qui appelle Lovelace depuis Eaton Terrace. Ils voient arriver Lord Justice Roade, le père de Lady Antonia. Son apparence surprend immédiatement Posie. Malgré sa réputation de juge redoutable surnommé le bourreau des condamnés, il ressemble davantage à un vieil homme frêle qu'à une figure intimidante. Vêtu d'une tenue de cricket encore mouillée par la pluie, coiffé d'un chapeau d'arbitre et portant un sifflet autour du cou, il explique qu'il jouait au cricket à l'Oval depuis la veille, précisant spontanément son emploi du temps comme s'il anticipait déjà une éventuelle vérification de son alibi. Il indique avoir appris la mort d'Amyas par le supérieur de Lovelace et profite de cette rencontre pour défendre immédiatement sa fille. Sans la moindre retenue, il décrit Antonia comme une toxicomane incapable de gérer correctement sa vie, dilapidant sa fortune auprès de son fournisseur de drogue. Il affirme que la maison appartient à une fiducie afin de l'empêcher de vendre ses biens pour financer sa dépendance. Malgré le mépris évident qu'il éprouve envers sa propre fille, il insiste sur le fait qu'elle est totalement incapable d'organiser un meurtre. Selon lui, elle ne sait déjà pas administrer son foyer, alors encore moins préparer un assassinat. Il souligne en revanche toute l'affection qu'il porte à ses petits-fils, qu'il considère comme infiniment supérieurs à leur mère. Posie profite alors de cette occasion pour l'interroger sur son opinion d'Amyas Lyle. D'abord surpris qu'elle intervienne, Lord Justice Roade la prend pour l'épouse de Lovelace avant que celui-ci ne la présente comme sa collaboratrice. Le juge finit par reconnaître qu'il était fier de voir Amyas accéder progressivement aux plus hautes fonctions judiciaires grâce au soutien qu'il lui avait apporté. Toutefois, il confesse qu'il préférait que le couple vive à distance de lui. À ses yeux, Amyas était un homme moralement vide, dépourvu de toute conscience du bien et du mal. Il lui reproche notamment de ne pas avoir participé à l'effort de guerre malgré son âge, ce qu'il considère comme une faute impardonnable, sans accorder de crédit aux problèmes cardiaques invoqués pour expliquer cette absence. Loin de se laisser impressionner par la réputation du magistrat, Posie poursuit un interrogatoire extrêmement audacieux. Elle rappelle que Lord Justice Roade s'est pourtant longtemps accommodé des défauts d'Amyas tant que celui-ci servait ses intérêts professionnels et politiques. Elle évoque son soutien au mouvement fasciste naissant et laisse entendre que cette fidélité résultait directement des obligations imposées par le contrat de mariage. Puis elle formule une analyse beaucoup plus personnelle. Selon elle, la véritable rupture est survenue lorsque Lord Justice Roade a appris, au début de l'année, l'existence de la maîtresse d'Amyas. Cette liaison n'a pas seulement humilié Antonia. Elle a également placé le juge dans une position extrêmement embarrassante. Après avoir favorisé la carrière d'Amyas jusqu'à sa future nomination comme juge à la Haute Cour, il lui devenait impossible de revenir en arrière. Dans le même temps, son attachement aux valeurs de sa famille anglicane rendait un divorce publiquement inacceptable. Posie s'arrête juste avant de suggérer que la mort d'Amyas pouvait finalement arranger Lord Justice Roade, consciente qu'une telle affirmation reviendrait à l'accuser directement de meurtre sans la moindre preuve. Le juge demeure silencieux quelques instants avant de reconnaître calmement que Posie a parfaitement compris la situation. Il admet qu'Amyas avait créé un désastre pour sa fille et s'apprête à partir. Avant de s'éloigner, il glisse toutefois à Lovelace une remarque énigmatique. Il évoque une importante décision professionnelle que celui-ci devrait bientôt prendre et lui conseille de résoudre rapidement cette affaire afin de terminer sur une réussite. Ces paroles bouleversent profondément Posie, qui découvre avec inquiétude que Lovelace semble envisager un changement majeur dans sa carrière. Lorsqu'elle l'interroge, il minimise la question en parlant simplement d'une éventuelle promotion. Refusant d'approfondir le sujet, il ramène aussitôt la conversation à l'enquête et souligne une nouvelle fois que tous les événements suspects commencent exactement au début de l'année. Convaincue que la clé de toute l'affaire réside désormais auprès d'Olga Karloff, Posie se met immédiatement en route vers Fever Street, tandis que Lovelace disparaît dans la foule de Victoria. Restée seule, elle ne peut s'empêcher de remarquer que l'inspecteur semblait préoccupé par autre chose que l'enquête, et s'étonne elle-même de l'importance que cette impression prend désormais à ses yeux.