L.B. Hathaway

20. Le refuge secret de Fever Street

The Saltwater Murder (The Posie Parker Mystery Series Book 7)Résumé 🇫🇷 Français

Posie se rend à Fever Street, un petit enclave discret que Len lui avait décrite comme un monde à part. Dès son arrivée en taxi, elle ressent l’atmosphère pesante qui règne dans cette rue de maisons impeccables, où chaque fenêtre semble cacher des regards curieux. Le chauffeur refuse de l’attendre, jugeant l’endroit peu recommandable, et laisse entendre qu’une femme comme elle ne devrait pas s’y trouver. Posie repousse sèchement ce jugement avant d’avancer seule jusqu’au numéro 57, une demeure d’un goût raffiné, parfaitement entretenue, qui correspond mal à l’image qu’elle s’était faite de la maîtresse secrète d’Amyas Lyle et de son ancien ami Rufus. Lorsqu’on lui ouvre enfin, ce n’est pas la séduisante Olga Karloff qu’elle s’attendait à rencontrer, mais une femme plus âgée, vêtue de noir, au visage marqué par le chagrin. Cette domestique, Masha, semble d’abord effrayée par la visite de Posie, puis, après avoir lu sa carte et compris qu’elle travaille avec la police, l’invite à entrer. Elle lui révèle alors une nouvelle bouleversante. Olga Karloff est morte. Cette annonce renverse immédiatement toutes les attentes de Posie, qui était venue interroger la maîtresse d’Amyas afin d’éclaircir les circonstances de son assassinat. À l’intérieur de la maison, Posie découvre un univers calme et élégant, très différent de celui de Lady Antonia. Les couleurs douces, le mobilier sobre et les objets raffinés témoignent d’un foyer véritable plutôt que d’une simple résidence entretenue par un homme riche. En buvant un thé russe extrêmement sucré préparé par Masha, Posie observe un grand portrait d’Olga. Malgré les années qui les séparent, elle est frappée par la ressemblance entre cette jeune femme aux yeux bleus et elle-même, ce qui lui rappelle les propos de Rufus selon lesquels Amyas semblait attiré par ce type de beauté. Masha, bouleversée, explique qu’elle tente désespérément de prévenir Amyas de la mort d’Olga, sans comprendre pourquoi il ne répond ni aux appels ni aux télégrammes. Posie est alors contrainte de lui annoncer qu’Amyas a lui-même été assassiné la veille. La gouvernante s’effondre dans une douleur sincère, offrant à Posie la première manifestation authentique de deuil qu’elle ait observée depuis le début de cette affaire. Devant cette souffrance, Posie s’interroge aussitôt sur le lien entre les deux décès. Elle imagine un instant un meurtre suivi d’un suicide ou un double homicide, incapable de comprendre comment ces tragédies peuvent s’emboîter. Masha explique que tout est maintenu dans le secret parce que les femmes vivant à Fever Street sont toutes des anciennes aristocrates russes ruinées par la Révolution, devenues des femmes entretenues dont la réputation exige la plus grande discrétion. Olga partageait ce destin, ce qui explique le silence entourant sa disparition. Pour dissiper les soupçons, Masha présente finalement à Posie le certificat de décès délivré par l’hôpital. En le lisant, Posie comprend que la vérité est tout autre. Olga n’a été ni assassinée ni suicidée. Elle est morte en couches quelques heures plus tôt, à l’hôpital Royal Waterloo. Cette révélation éclaire soudain plusieurs mystères. Elle explique la haine croissante de Lady Antonia envers Olga, ainsi que les paroles ambiguës de Lady Roade, qui avait laissé entendre qu’Olga n’était pas en état d’affronter une confrontation. La coïncidence tragique des deux morts apparaît désormais comme un concours de circonstances cruel plutôt qu’un complot commun. Masha révèle ensuite qu’Olga a tout de même donné naissance à une petite fille avant de mourir. Le bébé, nommé Ekaterina, surnommée Katia, a survécu malgré sa grande prématurité et se trouve à l’hôpital pour enfants de Great Ormond Street dans une couveuse. Posie découvre avec émotion que ce prénom avait été choisi à l’avance par Amyas et Olga, preuve que l’enfant était attendu avec bonheur. Lorsque Posie demande si cette grossesse était une source de joie pour le couple, Masha confirme sans hésiter qu’ils étaient profondément heureux et préparaient avec enthousiasme l’arrivée du bébé. Amyas avait lui-même acheté le mobilier, les jouets et le linge de la chambre d’enfant, signe d’un investissement personnel que Posie n’aurait jamais imaginé chez un homme dont elle avait jusqu’ici retenu surtout l’égoïsme. Face au sort désormais incertain de cette enfant devenue orpheline de ses deux parents en l’espace d’une journée, Posie promet d’examiner le testament d’Amyas afin de vérifier s’il a prévu des dispositions pour Olga et leur fille. Si rien n’a été organisé, elle craint que Lady Antonia ne fasse disparaître tout ce foyer secret et que la petite Ekaterina ne se retrouve sans protection. Cherchant une autre solution, elle évoque Rufus, ancien amant d’Olga, persuadée qu’il acceptera d’aider financièrement l’enfant. Masha se souvient avec affection de Rufus mais insiste sur le fait que, malgré la tristesse de son départ, Olga et Amyas avaient ensuite vécu cinq années de véritable bonheur ensemble. Cette affirmation surprend Posie, qui peine à concilier cette image d’un homme amoureux avec celle du brillant avocat froid et manipulateur qu’elle connaissait. Pourtant, les témoignages de la gouvernante paraissent sincères et cohérents. Cherchant à comprendre ce qui a changé dans la vie d’Amyas quelques mois avant son assassinat, Posie demande si un événement particulier s’est produit en janvier. Masha répond immédiatement qu’à cette époque Amyas est venu s’installer définitivement dans cette maison. Cette révélation stupéfie Posie. Elle comprend que Fever Street était devenu son véritable foyer, loin de la maison familiale d’Eaton Terrace où il ne semblait plus avoir sa place, et loin aussi de son appartement impersonnel près de son travail. Masha explique qu’Amyas vivait déjà séparé de son épouse et qu’après avoir appris la grossesse d’Olga, lorsqu’elle était enceinte d’environ trois mois, il avait emménagé presque aussitôt auprès d’elle. Depuis ce moment, il s’était montré heureux chaque jour. Lady Antonia, cependant, venait régulièrement espionner la maison depuis sa voiture, sous les yeux des habitantes russes du quartier. Un jour, Amyas était sorti lui demander de partir, lui déclarant que chacun possédait des secrets, mais que certains devaient rester cachés, avant d’affirmer qu’il était heureux ici. Masha propose alors à Posie de visiter la chambre d’Amyas, son dressing et la nursery préparée pour l’enfant, où toutes ses affaires sont encore présentes. Posie refuse pourtant. Elle estime avoir désormais compris l’essentiel. Olga avait été victime des circonstances et des jugements des autres tout au long de sa vie, tandis qu’Amyas semblait avoir enfin trouvé dans cette maison un bonheur inattendu et une forme de paix. Cette découverte éclaire profondément son existence privée mais n’apporte malheureusement aucun indice permettant d’identifier l’assassin qui l’a tué.