The Saltwater Murder (The Posie Parker Mystery Series Book 7) — Résumé 🇫🇷 Français
En quittant la station de tramway de Kingsway pour rejoindre le Royal College of Surgeons, Posie traverse un Londres devenu sombre et presque automnal malgré la saison. Un vent froid venu de la Tamise soulève feuilles mortes, vieux journaux et chiffons détrempés tandis qu’une pluie menaçante s’annonce. Cette atmosphère mélancolique contraste avec les pensées qu’elle essaie de consacrer à ses prochaines vacances, qui doivent commencer dès le lendemain. Elle espère y trouver un peu de repos, la mer et peut-être une rencontre amoureuse, mais son esprit reste prisonnier de l’enquête. Elle songe notamment aux mystérieuses cartes postales envoyées depuis Whitley Bay à Amyas Lyle pendant plusieurs mois. Cette piste lui paraît pratiquement impossible à suivre, comme chercher une aiguille dans une botte de foin. En traversant Lincoln’s Inn Fields, elle se rappelle avec émotion qu’à peine la veille elle s’y trouvait encore dans une humeur légère lorsqu’elle avait aperçu Amyas Lyle marcher d’un pas assuré. Il lui semble désormais incroyable qu’un seul jour ait suffi pour bouleverser tant de vies. Les arbres immenses du parc, les allées désertes et le gardien qui s’apprête à fermer les lieux accentuent son impression que le monde a changé depuis cette rencontre. Face à elle se dresse ensuite l’imposant Royal College of Surgeons, illuminé par des torches et animé par de nombreux médecins en robe noire. L’édifice lui apparaît comme une forteresse inaccessible. C’est devant ce bâtiment qu’elle tombe presque sur le sergent Rainbird, caché dans l’ombre près d’une voiture de police. Peu après, l’inspecteur Lovelace les rejoint. Avant même qu’ils aient le temps d’échanger quelques mots, une pluie torrentielle s’abat sur eux, les obligeant à se réfugier tous les trois dans le véhicule. Cette cabine étroite devient un bureau improvisé où ils décident de faire le point avant leur rendez-vous avec le docteur Dawney.
À l’abri de la pluie, Lovelace demande immédiatement à Posie ce qu’elle a appris chez Olga Karloff. Elle raconte alors toute sa visite à Fever Street, depuis la découverte du décès d’Olga jusqu’à l’existence de la petite Ekaterina. Son récit plonge les deux policiers dans un profond silence. Lovelace est particulièrement touché par le destin de cette enfant née prématurément et devenue orpheline le jour même de sa naissance. Lui-même père d’une petite fille ayant perdu sa mère, il mesure toute l’ampleur de cette tragédie et peine à croire qu’un tel enchaînement de malheurs puisse être réel. Rainbird estime toutefois que, malgré leur proximité dans le temps, la mort d’Olga et la naissance de Katia ne doivent pas être mélangées à l’enquête sur l’assassinat d’Amyas. Pour lui, il s’agit d’une coïncidence tragique mais sans rapport direct avec le meurtre. Posie partage cette analyse. Elle affirme que leur devoir est désormais de découvrir le meurtrier d’Amyas tout en veillant, autant que possible, à l’avenir matériel de l’enfant afin qu’elle n’aboutisse pas dans un hospice ou une maison de travail. Lovelace se souvient alors qu’il faudra consulter le testament d’Amyas pour savoir s’il avait prévu une protection financière pour Olga et leur fille. Rainbird indique que les avocats Pring and Proudfoot transmettront le document dès le lendemain matin, accompagné d’un juriste chargé d’en expliquer le contenu. L’inspecteur interroge ensuite son sergent sur les autres avancées de l’enquête. Rainbird annonce que les analyses médico-légales sont toujours en cours mais que le dentiste a confirmé de manière certaine l’identité du corps retrouvé à Old Square. Il s’agit bien d’Amyas Lyle. Cette certitude produit un effet particulier sur Posie. Elle se rappelle la silhouette qu’elle croyait avoir aperçue près d’Eaton Terrace et comprend qu’elle s’est laissée tromper par les circonstances. Comme le majordome de Lady Antonia avant elle, elle a sans doute pris un inconnu pour un homme déjà mort. Cette confirmation l’oblige à renoncer définitivement à toute illusion selon laquelle Amyas aurait pu être encore vivant.
Rainbird poursuit ensuite avec les recherches demandées par Lovelace concernant Harold Robertsbridge, le jeune garçon qui s’était suicidé plusieurs années auparavant après avoir été entraîné dans les dettes de jeu liées à Amyas Lyle. Les anciens dossiers de police confirment que le suicide a bien eu lieu et que le nom d’Amyas figurait dans la lettre laissée par le garçon. Toutefois, aucune preuve n’a jamais permis d’établir que celui-ci avait directement poussé Harold à la mort. Les enseignants décrivaient déjà l’adolescent comme mélancolique et sujet à la dépression, ce qui avait conduit la police de l’époque à conclure à une mort non suspecte. Rainbird ajoute qu’il n’existe plus aucun membre vivant de la famille Robertsbridge, ce qui élimine également une éventuelle vengeance familiale. Lovelace se déclare satisfait que cette piste soit désormais écartée. Il demande ensuite un rapport sur le docteur Dawney, l’homme qu’ils s’apprêtent à rencontrer. Rainbird dresse alors le portrait d’un médecin irréprochable. Veuf depuis peu, sans enfants et sans famille proche, Dawney mène une vie exemplaire. Très croyant, il fréquente fidèlement l’église chaque dimanche. Pendant la Grande Guerre, il a servi presque continuellement dans les hôpitaux de campagne au plus près du front, où il a acquis une immense expérience de la chirurgie. Devenu depuis l’un des meilleurs spécialistes londoniens de la traumatologie et de la chirurgie osseuse, il dirige désormais le service de chirurgie du French Hospital, établissement renommé qui avait accueilli de nombreux blessés durant la guerre. Son talent lui vaut une réputation exceptionnelle, au point d’être pressenti pour la présidence du Royal College of Surgeons. Les étudiants et les médecins sont venus nombreux pour assister à la conférence qu’il doit donner ce soir. Son surnom de guerre, « Sawbones Bill », témoigne de son activité intense sur les champs de bataille. En entendant cette description, Posie éprouve du respect pour cet homme qui a affronté tant d’horreurs. Ses pensées dérivent brièvement vers d’autres médecins rencontrés lors d’affaires précédentes, notamment le docteur Winter et Max, un médecin allemand qu’elle espère bientôt revoir pendant ses vacances. Ces souvenirs renforcent sa conviction que les expériences de la guerre peuvent profondément transformer les êtres humains.
La réaction de Lovelace est cependant tout autre. Malgré le passé héroïque de Dawney, il ne peut oublier qu’il fut autrefois proche d’Amyas Lyle et associé aux événements ayant précédé le suicide d’Harold Robertsbridge. Posie tente de tempérer son jugement en faisant remarquer que de nombreuses années se sont écoulées depuis cette affaire et que les individus sont capables d’évoluer, voire de regretter leurs actes. Elle suggère même que la pratique religieuse assidue de Dawney pourrait être le signe d’une conscience tourmentée. Lovelace rejette catégoriquement cette idée, affirmant que les gens ne changent jamais. Posie pense intérieurement au contraire que certaines personnes se transforment profondément, en bien comme en mal, et cite mentalement l’exemple de Rufus Cardigeon. Elle comprend néanmoins que l’inspecteur a déjà décidé de considérer Dawney avec méfiance. Lorsqu’elle lui demande si le chirurgien est réellement un suspect, Lovelace répond qu’Amyas lui-même l’avait inscrit sur sa liste de personnes susceptibles de lui vouloir du mal. Il ajoute qu’un médecin habitué aux laboratoires et aux produits chimiques pourrait facilement manipuler de l’acide nitrique, élément essentiel du meurtre, et rappelle que de tels laboratoires existent aussi bien au Royal College qu’au French Hospital. Rainbird intervient alors avec prudence pour rappeler un fait essentiel. Le docteur Dawney se trouvait en Écosse durant toute la période critique et n’est revenu à Londres que ce jour-là, ce qui rend sa participation directe au crime hautement improbable. Cette information refroidit aussitôt l’enthousiasme de Lovelace, sans toutefois entamer sa détermination. Il sort de la voiture sous la pluie battante avec une énergie intacte pour aller rencontrer le chirurgien. Posie lui emboîte le pas, le cœur lourd, consciente que cette entrevue risque d’être marquée davantage par les préjugés de l’inspecteur que par une véritable impartialité.