L.B. Hathaway

36. Le voile commence à tomber

The Saltwater Murder (The Posie Parker Mystery Series Book 7)Résumé 🇫🇷 Français

Réunis après les funérailles d'Amyas Lyle dans une grande salle donnant sur Old Square, les principaux protagonistes de l'affaire attendent en silence que Posie prenne la parole. L'atmosphère est lourde, seulement troublée par le bruit de la pluie contre les vitres et par les gestes nerveux des personnes présentes. L'inspecteur Lovelace, posté devant la cheminée, affiche une autorité inhabituelle pour soutenir l'initiative de Posie, tout en laissant transparaître son inquiétude. Lui-même ignore où son raisonnement va conduire et espère secrètement qu'elle ne s'est pas trompée. Posie, le visage meurtri par la gifle reçue de Lady Antonia, s'avance avec le vieux livre bleu envoyé par Max entre les mains, comme si cet objet lui donnait le courage nécessaire. Lovelace la présente brièvement en expliquant qu'elle souhaite revenir sur la vie et la mort d'Amyas. Lady Antonia proteste aussitôt avec colère contre cette nouvelle intervention policière, estimant qu'elle et les autres invités ont été contraints de rester contre leur gré. Posie l'ignore et commence son exposé en rappelant les qualités exceptionnelles d'Amyas, son ambition et la brillante carrière qu'il avait bâtie avant d'être assassiné. Elle rappelle également que tout le monde sait désormais qu'il avait un frère jumeau, Aiden Vannelly, arrêté comme principal suspect. Lovelace intervient alors pour rappeler que cette arrestation repose sur des preuves extrêmement solides et qu'en l'état du dossier, Aiden serait presque certainement condamné s'il était jugé. C'est précisément cette certitude que Posie décide de renverser. À la stupeur générale, elle affirme qu'Aiden est innocent et qu'il a été victime d'une machination minutieusement préparée. Selon elle, le véritable meurtrier n'a pas seulement tué Amyas mais a aussi construit un piège parfait destiné à envoyer un homme innocent à la potence. Elle explique qu'Aiden lui-même avait fini par comprendre qu'on l'avait manipulé, mais que l'accumulation de preuves fabriquées contre lui l'avait privé de tout moyen crédible de se défendre. Lovelace, bien qu'il découvre cette théorie en même temps que les autres, garde son calme et laisse Posie poursuivre son raisonnement. Posie revient alors aux origines de l'histoire. Elle raconte qu'Amyas, adopté très jeune, ignorait presque tout de sa mère biologique, alors que celle-ci avait suivi son existence de loin avec une admiration silencieuse. Son frère Aiden, resté auprès d'elle, avait longtemps souffert de cette séparation avant de finir par accepter son destin. Après la mort de leur mère, il avait voulu entrer en contact avec Amyas de manière discrète, en lui envoyant régulièrement des cartes postales de Whitley Bay comme autant d'indices sur sa propre vie, dans l'espoir que son frère comprenne leur signification. Rufus et Selwyn Pickle tournent cette idée en dérision, mais Posie insiste sur le fait qu'il s'agissait du seul véritable geste entrepris par Aiden envers son frère. Au même moment, explique-t-elle, Amyas entamait lui aussi une nouvelle existence. Depuis le début de l'année, il s'était installé avec sa maîtresse Olga, qui attendait leur enfant, et envisageait un avenir différent de celui qu'il menait jusque-là. Ces révélations provoquent un profond malaise parmi l'assistance, particulièrement chez Lady Antonia, Lord Justice Roade et plusieurs juristes présents, choqués que ces détails intimes soient évoqués publiquement. Posie poursuit néanmoins sans hésiter. Elle affirme que le meurtrier observait cette évolution et comprit qu'elle menaçait directement son propre bonheur et les projets qu'il avait bâtis. La découverte des cartes postales de Whitley Bay lui fournit alors un moyen idéal de détourner les soupçons. Lovelace comprend aussitôt le mécanisme. Le criminel a retrouvé l'expéditeur des cartes, identifié Aiden, puis imaginé toute une mise en scène destinée à faire croire qu'un frère abandonné, nourrissant depuis toujours de la rancœur, avait finalement décidé de tuer son jumeau. Sheila s'étonne qu'un meurtrier consacre autant d'efforts à un plan aussi complexe alors qu'un assassinat plus simple aurait été possible. Posie répond que cette complication était précisément indispensable. Il fallait détourner définitivement l'attention de toute personne susceptible de regarder du côté de l'entourage immédiat d'Amyas. Une histoire de vengeance fraternelle, soigneusement construite, constituait une diversion beaucoup plus convaincante qu'un mobile intime lié à la vie londonienne de la victime. William Dawney reconnaît alors que lui-même, lorsqu'il recherchait l'expéditeur des cartes, n'avait jamais réussi à retrouver Aiden avant le drame. Posie décrit ensuite la manière dont le véritable meurtrier a exploité toutes les informations recueillies auprès d'Aiden. Après avoir localisé le jumeau à Whitley Bay, il l'a écouté raconter son histoire familiale afin de reproduire ensuite fidèlement certains détails. Il s'est familiarisé avec sa maison et a commencé à lui envoyer des billets anonymes de plus en plus menaçants. Ces messages, rédigés à la main et déposés directement, évoquaient constamment la mer, l'eau salée, les secrets enfouis et la mère biologique d'Amyas. Posie souligne toutefois que leur auteur ne connaissait pas parfaitement l'histoire familiale puisqu'il attribuait à Amyas une culpabilité envers sa mère qu'il n'avait jamais réellement pu éprouver, ayant été séparé d'elle dès son plus jeune âge. Ce détail trahit une connaissance superficielle des faits. William Dawney comprend alors que cette obsession de l'eau servait également à préparer l'utilisation de l'acide nitrique qui avait joué un rôle dans le meurtre. Posie confirme cette intuition. Elle explique que lorsque le moment est venu de tuer Amyas, le meurtrier s'est assuré qu'Aiden quitterait Whitley Bay pour Londres au moment opportun, pendant que son domicile était discrètement investi afin d'y déposer des vêtements compromettants, des produits chimiques et de nouvelles lettres de menace destinées à l'accuser. Rufus raille Posie en insinuant qu'elle se croit plus intelligente que le criminel, mais elle répond qu'elle n'a pu parvenir à cette reconstitution qu'en combinant les confidences d'Aiden avec les nombreuses incohérences qu'elle avait relevées. L'une d'elles concernait précisément la raison de son voyage à Londres. Aiden lui avait dit qu'il était venu parce que le moment était enfin venu de rencontrer son frère, mais cette explication ne tenait pas puisqu'il aurait pu entreprendre cette démarche plusieurs mois auparavant. Posie comprend désormais que le calendrier avait été entièrement imposé par le meurtrier. Elle révèle également avoir vérifié les réservations ferroviaires. Les billets d'Aiden avaient été achetés plusieurs semaines avant les faits, en espèces, à Londres, par une femme inconnue. De plus, Aiden lui avait laissé entendre que sa maison avait été visitée en son absence, sans jamais oser développer davantage devant la police. William Dawney demande pourquoi il n'a pas dénoncé ces éléments pour se défendre. Posie suppose qu'il se croyait perdu face à l'accumulation des preuves fabriquées contre lui et qu'on l'avait également réduit au silence en le menaçant de révéler publiquement un aspect compromettant de la vie d'Amyas. Son regard se tourne alors vers Rotha Lintorn-Orman lorsqu'elle avance que cette menace concernait probablement les liens d'Amyas avec le Parti fasciste britannique, même si ceux-ci relevaient en réalité de ses activités clandestines. Rotha demeure silencieuse tandis que Lord Justice Roade se lève avec indignation, dénonçant un discours fondé uniquement sur des suppositions et reprochant à Lovelace de cautionner une telle démonstration. Il exige que la réunion cesse afin que chacun puisse enfin rendre hommage à Amyas. Posie lui répond avec une virulence inattendue que cette affaire le concerne personnellement et qu'il porte une part de responsabilité dans ce qui est arrivé. Face à la colère de Lord Justice Roade, Posie dévoile enfin ce qui a provoqué son illumination pendant les funérailles. Ce n'est ni l'histoire des jumeaux, ni les cartes postales, ni la mer, ni les faux indices qui constituent le véritable cœur de l'affaire. Tous ces éléments n'étaient que des écrans de fumée destinés à détourner l'attention. En entendant l'évêque déclarer au cours de son homélie qu'Amyas n'était pas un homme religieux, elle a soudain compris que cette remarque anodine révélait la véritable logique du crime. L'évêque confirme paisiblement qu'Amyas fréquentait très peu l'Église, sans comprendre où Posie veut en venir. Lovelace lui-même avoue ne pas encore saisir le lien entre cette observation et le meurtre. Posie explique alors qu'il faut abandonner toutes les fausses pistes qui ont occupé l'enquête depuis le début. Selon elle, les véritables moteurs de cette tragédie sont l'ambition et la religion, deux forces étroitement liées dans cette histoire. C'est seulement en revenant à ces fondements que le meurtre d'Amyas Lyle peut enfin être compris dans toute sa logique.